Déclenchement - Suite et...........Fin !

Publié le par Emilie

Il y a un an, 37sa+3 !

Il y a un an, je n'avais quasiment pas dormi de la nuit. Entre les contractions et le stress, autant dire que trouver le sommeil ne fut pas chose aisée... J'osais seulement espérer que le travail se faisait comme il se devait.
Au petit matin, vers 6h, la jeune sage-femme intérimaire revenait effectuer la pose de gel afin de tenter d'accélérer les choses, la 1ère étape n'ayant pas été très probante : la maturation du col s'était faite mais pas comme espérée... Les choses s'annonçaient...........longues !
Ce n'était en même temps pas une grande surprise, nous nous y attendions quelque peu. D'où, d'ailleurs, nos petits plans établis les jours précédents, à savoir, le futur papa irait travailler et je le préviendrai une fois que les choses s'accélèreraient... C'est beau ce qu'on peut penser et établir quand on ne sait pas, quand on est finalement ignorant... En effet, la pose de ce gel fut pour le moins douloureuse et provoqua des contractions rapidement intenses, je n'ai pu résister de convier immédiatement le papa ! Après tout, nous l'avions conçue à deux, nous devions vivre à deux cette situation ! Non, mais !.... J'avais mal....
J'abandonnais ma propre pompe à insuline pour adopter le protocole de la clinique et donc la pompe "pousse-seringue" à base d'Actrapid (j'aurais préféré rester sous Humalog mais ce fut non négociable...). La moitié du travail était déjà fait puisque, hypo nocturne oblige, j'avais déjà été branchée pour les apports en glucose.
La jeune sage-femme nous présentait celle qui allait prendre sa suite, car son tour de garde était terminé... Dommage, mais pas vraiment le choix...
Nous patientions dans la chambre, laissant le travail se faire.
Vers 9h, réexamen par Doc, les choses avançaient plutôt pas mal, ce qui était rassurant ! Les contractions étant assez rapprochées et utiles, il était temps de passer en salle de travail pour pose de la péridurale, pose de l'ocytocine, surveillance accrue de bébé avec tout ça, et..........plus si affinités !!!...
Nous prenions donc quelques affaires, tout en sachant, d'une, que je ne reviendrais pas sans avoir accouché, de deux, que Christophe était là et pouvait aller et venir si besoin, donc, aucun besoin de se surcharger...
Je regagnais donc la même salle de travail abandonnée la veille au soir. Elle m'était réservée et n'avait pas été prise d'assaut par un autre heureux évènement durant la nuit. Je revenais donc en terrain connu !
Je m'installais tranquillement, attendant la venue de l'anesthésiste qui ne tarda pas. La péridurale fut posée assez rapidement. Pour preuve, avec un an de recul, je n'ai pas le souvenir de douleurs absolument insupportables. Christophe fut prié de sortir et moi, de faire le dos rond et surtout, de prévenir en cas de contraction. J'avoue avoir franchement stressé à ce moment là ! Une bonne contraction me donna quelques instants de répit. Mais une fois passée, il fallut passer à l'action. Je fus agréablement surprise de réaliser que ce n'était pas si douloureux finalement, contredisant alors mes souvenirs de rachi anesthésie lors de chirurgie ortho. La sage femme resta proche de moi, me tenant les mains durant la pose, essayant de me rassurer. J'étais soulagée une fois tout ceci passé. L'anesthésiste me prodiguait les consignes pour ne pas malmener le cathéter puis m'abandonnait en signifiant à la sage femme qu'il restait à disposition en cas de besoin.

Je me rallongeais donc sur ce grand lit, que dis-je, cette table d'accouchement ! La sage femme brancha le monito pour surveiller la belette. En effet, la péri étant posée, il fallait ensuite tenter d'accélérer les choses en me perfusant l'ocytocine. Tout ceci pouvant être néfaste pour le foetus, il s'agissait donc de surveiller scrupuleusement et surtout de prévenir toute souffrance foetale éventuelle.
Nous étions donc partis pour une longue succession d'examens, de dextro.
L'équipe médical m'a, à mon grand regret, laissée en hyperglycémie durant tout le travail. Le but était d'éviter à tout prix une hypo fatiguante, ce qui pouvait sembler assez logique. Mais après 8 mois de surveillance accrue et de "normo glycémie", je crois que ce processus ne m'a pas aidé à me sentir bien. Je saurai, pour la prochaine fois, quelles seront mes requêtes à ce niveau là !
Décision fut prise en fin de matinée de rompre la poche des eaux, ce qui ne s'était fait naturellement. La sage femme, somme toute très gentille, était un peu moins douce que sa consoeur. Au même titre que les examens qu'elle avait jusque là pratiqués - et comme tous ceux qui allaient suivre d'ailleurs - la manipulation ne fut pas extrêmement agréable. La péri était donc d'autant plus appréciable...
Le travail continuait son petit bonhomme de chemin, le col s'ouvrait gentiment... Malgré deux épisodes où le monito montra un ralentissement du rythme cardiaque de bébé, la demoiselle semblait bien vivre l'aventure. Tout se passait pour le mieux même si je commençais franchement à fatiguer.
En début d'après midi, l'évolution commençait à stagner quelque peu. Nous envisagions de nouvelles positions pour aider la belette à descendre et donc à appuyer sur le col. Tout ceci commençait à me devenir pénible : en effet, la péri marchait bien mais plus en bas qu'en haut ! Autrement dit, je ressentais pleinement les contractions au niveau du haut du ventre. En revanche, mes jambes se trouvaient de plus en plus anesthésiées et cela me perturbait. Je n'arrivais plus à me mouvoir facilement, je fatiguais beaucoup et commençait à me demander si j'allais avoir assez de force et d'énergie pour donner naissance à mon bébé, dans la toute dernière ligne droite. J'en doutais ! J'en doutais de plus en plus et mon moral commençait à en pâtir.
Et le travail stagnait. Encore.
Doc venait régulièrement voir l'avancée des choses. C'était pour lui une journée de consultations. Entre deux rendez vous, il venait voir où nous en étions.
La sage femme, bien qu'adorable, n'était pas de la toute dernière génération. Sa façon d'examiner - que je qualifierais de plutôt dérangeante, avec la fatigue et le raz le bol aidant - finissait par m'achever !
Les larmes firent leur apparition...
Doc arrivait à ce moment même et compris que j'étais à bout. Après examen de sa part, et à la vue de la stagnation, deal fut convenu : il laissait encore 3/4 heure à bébé pour descendre un peu, histoire de voir si nous pouvions espérer une évolution. Si au bout dudit délai rien n'avait bougé d'un millimètre, alors nous filerions au bloc.
En effet, au delà du fait que la fatigue m'assaillait, bébé pouvait être en souffrance à force. Si encore, tous ces instants qui passaient étaient les signes d'un travail efficace, mais il n'en était rien ! 
Il était alors 16h. Le compte à rebours était donc lancé...
Même si depuis de longues années, j'avais dans l'idée qu'une grossesse DID se terminait quasiment toujours par une césarienne, j'avais néanmoins beaucoup espéré pouvoir accoucher naturellement....malgré une trouille bleue, hein ?!... Bien sûr... Mais l'annonce de Doc fut accueillie comme une délivrance ! Si les choses n'avançaient pas d'elles mêmes, tout irait beaucoup plus vite dans 3/4 d'heure...
Face à mes pleurs, le pauvre futur papa se sentait pour le moins impuissant dans toute cette histoire ! Mais heureusement qu'il était là ! Sa présence et son soutien étaient essentiels. Je n'aurais pas envisagé de vivre ça seule !
Les 3/4 d'heure passèrent plutôt rapidement, certainement parce que j'avais repris un peu d'espoir que tout ceci ne dureraient pas et que, quelque soit l'issue, il y aurait quelque chose de positif : soit le travail redevenait productif, soit j'allais être césarisée et donc rencontrer mon bébé !...
16h45 : Doc arriva et procéda à l'examen.... Le terminant par un "bon, et bien nous allons devoir descendre au bloc pour aller chercher ce bébé !".
Voilà, nous y étions, le travail n'avait pas avancé d'un iota et bébé semblait être haut placé. A priori, la belette n'avait aucune envie de venir sentir les températures fraiches de décembre... Afin qu'elle ne souffre pas et pour achever ma fatigue, la sage femme était sommée de me préparer pour que je sois conduite au bloc dès que possible. Doc partit de son côté pour s'apprêter lui aussi.
La mauvaise surprise qui nous a été annoncée est que je partais.....seule ! Sans Christophe ! Sans le futur papa, en somme !!! Nous qui voulions rencontrer notre bébé ensemble, surtout pour voir son petit minois et déterminer dans l'instant de sa naissance quel prénom serait le sien !!! Nos plans prenaient clairement l'eau ! Christophe ne voulait pas reporter ce choix là au moment où je serai de retour (passage en salle de réveil oblige, il s'agissait de quelques heures, nécessairement...).
Il fallait donc décider. Maintenant. Et vite, de préférence ! Nous avions quelques instants pour cela, tranfert sur lit roulant, rasage et autres réjouissances obligent...
Après de longues semaines de recherches et d'hésitations, deux prénoms arrivaient en lice : "Manon" et "Charlotte". Christophe avait un coup de coeur pour "Manon" alors que j'accrochais moins, le trouvant joli mais très/trop répandu les années précédentes. A côté de ça, je n'avais aucun coup de coeur particulier. Nous aimions beaucoup "Charlotte".
Dans la mesure où l'un de nous avait réellement flashé sur l'un des deux, je proposais à Christophe de suivre ce qu'il avait envie et de choisir "Manon". Il m'avoua que son coup de coeur s'était atténué et qu'au final, il ne savait plus trop... Nous profitions alors de la présence de la sage femme pour lui demander son avis ! Après tout, elle voyait des dizaines de bébés par semaine, avec les prénoms qui leurs étaient donnés. Elle confirma que "Manon" était répandu mais joli, et que "Charlotte" était tout de même bien sympathique et plus original. Elle termina "en nous laissant maîtres de notre décision" et nous abandonna afin de rester un peu tous les deux avant le grand départ...
Nous arrêtions donc notre choix... Et Doc venait me chercher... Christophe put m'accompagner jusqu'à l'entrée du service chirurgie. Ensuite, je me retrouvais donc avec l'équipe médicale. L'ambiance était détendue et le personnel très sympa. Doc plaisantait et me proposait de prénommer la belette "Philippine" (son prénom, version féminine...). Je remerciais tout en déclinant !
La dose d'anesthésiant accentuée, il était temps de passer aux choses sérieuses...
Je sentais que Doc commençait à me césariser. J'allais incessamment rencontrer mon bébé.

Surtout, nous y étions. J'y étais arrivée. J'avais réussi. J'allais être maman. Malgré la maladie. Comme lorsqu'on arrive à toucher un rêve du bout des doigts... Je ressentais une sorte de grande excitation engendrée par ce qui allait se passer dans les instants à venir, mélangée à une énorme retombée de stress. Après 8 mois d'efforts soutenus, d'attention de tous les instants, de peurs et de pressions incessantes, j'arrivais au bout et dans quelques secondes, mon bébé serait là, ma fille respirerait d'elle même...
Tout ceci jusqu'à se sentir vide....avec un "Bonjour Mademoiselle" de Doc comme écho.....puis des pleurs !!! De merveilleux pleurs !...
Il était 17h26 ce mardi 18 décembre 2007 et Notre Charlotte venait de voir le jour.
Je l'entendais, ne la voyais pas encore, mais les larmes coulaient sur mes joues ! Des larmes de joie, d'émotion, d'amour, à n'en plus finir ! Transformée en fontaine... Transformée en Maman ! Quoiqu'il arrive et pour toujours...
La sage femme me présenta ma jolie crevette. Elle l'allongea sur le haut de mon buste, son petit visage juste à côté du mien. J'admirais ma merveille, son minois tout rond, ses petits yeux peinant à s'ouvrir avec toute cette luminosité et, en même temps, tentant de me regarder aussi... Nous nous rencontrions mais nous connaissions déjà si bien, depuis toujours....

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